Portrait d’animal publié dans notre bulletin de saison de 2013.

 

putois

« Je suis un mustélidé et mon vrai nom c’est Mustela putorius ; parce que « putor », pour les humains très savants, ça veut dire « mauvaise odeur ». Sauf que c’est pas vrai, … enfin, c’est juste quand j’ai peur ou quand j’ai mal. Ça me fait une mauvaise réputation, mais regardez comme je suis joli : je mesure entre 32 et 46 cm, je pèse entre 430 et 1600 grammes (chez nous aussi, les filles sont plus petites que les gars) j’ai un corps allongé et des pattes courtes pour me faufiler partout, un beau poil brun foncé, du blanc sur le bout du museau, des oreilles et autour des yeux. J’ai une super frimousse et je suis comme ça très facile à reconnaître, pas comme mes cousines à bavette la fouine et la martre que tout le monde confond tout le temps…

Je peux vivre un peu dans tous les milieux, mais je préfère les zones humides où je trouve des grenouilles et des poissons à manger. Mais quand il fait froid je peux venir squatter chez vous dans un coin de grange ou un tas de bois et là je vous fait une dératisation gratuite parce que les rattus, c’est drôlement bon. Et si vous avez des longues oreilles qui vous grignotent vos choux dans le potager, c’est pareil, je m’en occupe ! Comme ça, tout le monde est content. En plus, comme je suis un solitaire, je ne risque pas de troubler votre sommeil en invitant des copains bruyants et mal élevés. Surtout que j’aime me promener la nuit, je peux même parcourir jusqu’à 7,5 km en quelques heures.

Nous les putois on tombe amoureux en mars-avril. Les mâles, on aime bien avoir plusieurs chéries en même temps, ben oui. 41 à 42 jours après le mariage les chéries mettent au monde 1 à 12 petits bouts de chou de moins de 10 grammes. Ils sont sourds, aveugles et couverts d’un fin duvet blanc.
Mais à la fin du 1er mois, ils ouvrent les yeux et là, c’est la java, ils deviennent vite intenables. Heureusement, à 3 mois ils prennent leur baluchon et s’en vont se trouver leur propre abri sous des racines  ou dans une vieille garenne. Ouf !

Maintenant, si certains d’entre vous me croisent, et ben moi je dis qu’ils pourront être contents parce qu’on me voit de moins en moins. D’accord, je suis discret, mais il faut savoir que l’on m’a beaucoup beaucoup piégé dans le passé (et encore un peu maintenant) parce qu’il m’arrive de boulotter de temps en temps une perdrix ou une caille et que les chasseurs n’aiment pas ça, alors que pourtant ils en tuent beaucoup plus que moi. Eux ils ont le droit de s’amuser avec les oiseaux, mais moi je n’ai pas le droit de m’en nourrir. Et puis, il y a de moins en moins de zones humides et moi j’aime vivre dans les zones humides.

Je suis un p’tit gars, et j’ai été accueilli au centre de soins alors que j’avais moins d’un mois. J’ai eu des biberons tout chauds, des jeux pour me développer et plein d’attention. Aujourd’hui je vis ma vie. Le centre se trouve en zone humide et c’est chouette pour moi, je trouve plein à manger et des tas de vieilles souches pour dormir. J’espère que je trouverai des petites chéries pas loin d’ici pour faire des bébés quand le printemps sera venu. »

Portrait d’animal : Le putois
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