Le premier bon geste pour un animal en détresse, c’est de ne pas faire le mauvais geste

  1. Posez-vous la question du danger

C’est la première chose à faire : analyser la dangerosité de la situation. Pour l’animal comme pour vous. Quelques exemples :

  • Un animal qui ne bouge plus en plein milieu d’une route est en danger. Vouloir le récupérer vous met en danger
  • Un animal au milieu d’un champ, s’il n’y a ni chasseur, ni moissonneuse, n’est pas forcement en détresse (exemple : faon de chevreuil, lièvre juvénile)
  • Une chouette hulotte au sol, au pied d’un arbre ne se gère pas comme une chouette effraie.
  • Un jeune merle au sol dans un jardin infesté de chat n’a aucune chance de s’en sortir

Pensez que chaque situation est différente et mérite réflexion. Appeler un centre de sauvegarde de la faune sauvage est donc primordial pour être conseillé (Carte des centres de soins pour animaux sauvages en France – Hegalaldia)

  1. Appelez un centre de sauvegarde de la faune sauvage

Appeler un centre de sauvegarde peut vous permettre de réaliser que l’animal en face de vous n’est pas en détresse et qu’il est plutôt préférable de le laisser tranquille.

Le centre Volée de piafs est le seul centre de Bretagne à disposer d’autorisations pour accueillir toutes les espèces sauvages : oiseaux marins, rapaces, passereaux, corvidés. Mais également les mammifères terrestres (hérissons, écureuils, chevreuils, blaireaux, renards, mustélidés, etc.), marins (phoques) et les chiroptères (chauves-souris). D’autres (Station LPO de l’Île Grande, Askell, Boules épiques, Océanopolis) ont chacun leur domaine d’intervention.

Appelez-nous au 06 08 98 42 36 et laissez impérativement un message si nous ne décrochons pas. Nous vous rappellerons dans les plus brefs délais. Nous répondons et accueillons les animaux 7 jours/7 de 9h à 19h. Ne passez pas par Facebook, n’envoyez pas de mails. Nous ne sommes pas devant l’ordinateur mais constamment proches du téléphone. Il en va de la survie de l’animal.

Décrivez la situation, prenez une photo. Nous vous conseillerons et vous pourrez agir.

  1. Les gestes de contention

Quel que soit l’animal, prenez un linge (serviette, pull, tee-shirt, etc.), préparez un espace de contention (carton, caisse à chat, boîte à chaussure, etc.) et portez des gants.

Si vous êtes un promeneur habituel des bords de mer, de sentiers ou de forêt, mettez dans votre besace une taie d’oreiller. Elle ne prend pas de place et pour un petit animal la contention est toute faite. On le met dedans, on ferme, il respire.

Entourez le corps avec le tissu en l’enveloppant au maximum comme dans un linceul pour éviter qu’il ne se débatte, qu’il stresse et qu’il aggrave ses blessures.

Précautions liées à certaines espèces :

  • Les rapaces : leur bec n’est pas très dangereux. Par contre, les serres le sont, soit par leur puissance (autour des palombes, buses, etc…) ou par leur finesse (épervier). Donc pour ces animaux, le port de gant est plus que recommandé.
  • Oiseaux marins et oiseaux d’eau : Hérons, goélands, fou de Bassan, cormorans, etc. Tous ces oiseaux au bec imposant ne vous feront pas de cadeaux et utiliseront ce dernier pour se défendre. Donc protégez-vous le visage en portant notamment des lunettes.
  • Fous de Bassan et cormorans : ces oiseaux sont dépourvus de narines extérieures donc ne leur liez pas le bec
  • Chauves-souris : elles ne sont pas dangereuses mais le port de gants est obligatoire

Si vous avez un doute, si vous ne vous sentez pas capable d’attraper l’animal (renard, phoque, chevreuil, etc.) surtout ne vous mettez pas en danger !

  1. Le confinement

Tout animal en détresse doit impérativement être mis au calme et au chaud, comme nous lorsqu’on est souffrant.

  • Au calme, cela signifie de ne plus le regarder après l’avoir mis en carton ou en caisse sauf nécessité d’urgence.
  • Au chaud, cela signifie avec bouillotte ou bouteilles d’eau chaude bloquées et enveloppées de tissu (la température interne d’un oiseau avoisine les 40°C)

Dans le cas d’une chauve-souris, pas de chaleur autre que la température ambiante.

IMPORTANT : NE PAS FORCER UN ANIMAL A BOIRE NI A MANGER

Par contre, mettez-leur ce qu’il faut à disposition :

  • Boisson :
    • Oiseau : eau + miel, 1 verre + 1 cuillère à café de miel
    • Mammifère : eau + miel + sel, 1 verre + 1 cuillère à café de miel + 1 pincée de sel
  • Nourriture :
    • Oiseaux granivores et insectivores : graines fines
    • Mammifères : croquettes (cas particulier des hérissons : pas de croquettes à base de poisson)
    • Rapaces : viande crue non salée

Rappel : chaque espèce à ses spécificités donc il est important de nous appeler afin que l’on vous conseiller au plus juste, notamment pour les oiseaux marins et les juvéniles (PAS DE LAIT DE VACHE)

N’improvisez pas, cela mettrait l’animal en danger et nuirait à sa future réhabilitation

  1. Le transport

Choisissez un carton ou une boite bien appropriée. On ne met pas un fou de Bassan dans une boite à chaussures ou un bébé mésange dans un carton de machine à laver.

Au fond du carton, mettre un tissu afin que l’animal ne glisse pas.

Faite de petites aérations autour du carton pour faire circuler l’air. Mais comme pour tout, attention à la taille. Il ne faut pas que l’animal puisse ni s’échapper ni passer la tête. Méfiez-vous des chauves-souris qui peuvent passer par de tous petits espaces.

Retirez toutes boisson et toute nourriture avant de partir.

Assurez-vous que le système de réchauffage (bouillote, bouteille, etc…) ne puisse pas bouger ni risquer de blesser l’animal.

Veillez à ne pas transporter un animal à mains nues mais toujours en carton ou en caisse de transport.

Laissez le tranquille, le stress aggrave la situation.

Ne passez pas votre temps à ouvrir-fermer pour vous assurer qu’il soit encore en vie.

N’oubliez jamais que vous êtes avec un animal sauvage alors, quoique vous puissiez penser, ne lui parlez pas, ne le caressez pas. Cela ne ferait qu’augmenter son stress et diminuer par la même occasion ses chances de guérison.

Transporter et détenir un animal sauvage sans autorisation est interdit par la loi et vous expose à de lourdes sanctions. En cas de contrôle par les autorités, vous devez justifier que vous acheminez l’animal vers un centre de sauvegarde donc encore une fois, appelez-nous.

 

                                  Merci à vous de vous pencher sur ces animaux en difficulté.

                      Ils ont besoin de vous, ils ont besoin de nous, ils ont besoin de solidarité.

 

Et enfin, quelques conseils pour la vie de tous les jours afin d’éviter de mettre en danger un animal :

  • Couvrir les réserves d’eau ou y installer un flotteur, cordage, …
  • Coller des leurres sur les baies vitrées
  • Mettre une clochette aux chats
  • Limiter sa vitesse sur les routes de campagne
  • Faire attention sur les routes lors de la reproduction des salamandres (fin octobre – début novembre) et lors de la reproduction de tous les amphibiens (fin février – début mars)
  • Grillager les dessus des cheminées pour éviter aux chouettes de s’y installer
  • Proscrire le raticide, le tue-limace non bio et les insecticides dans les jardins

Tous nos conseils

Découvrez nos conseils relatifs aux chouettes, à travers 3 posters :

Poster Les chouettes

Poster Chouettes et cheminées

Poster Des menaces et des solutions