Ne vous improvisez pas soigneur

L’animal est-il en danger ?

Première chose à faire : analyser la dangerosité de la situation, pour l’animal comme pour vous, afin d’éviter les prises de risques et les ramassages intempestifs. Une intervention humaine est nécessaire dans les cas suivants :

  • L’animal est blessé (présence de sang, plaie) ou semble affaibli.
  • L’animal est à proximité d’un danger immédiat (route, prédateurs, outils de jardinage…)
  • L’animal appartient à une espèce nocturne et est pourtant vu en plein jour
  • L’animal est un juvénile à proximité du cadavre d’un ou plusieurs adultes ou d’un nid/terrier détruit

Chaque situation est différente et mérite réflexion, notamment si vous êtes face à un juvénile (en savoir plus). Appeler un centre de sauvegarde de la faune sauvage est donc primordial pour être conseillé (Carte des centres de soins pour animaux sauvages en France – Hegalaldia).

Appelez un centre de sauvegarde de la faune sauvage

Des soigneurs vous aideront à analyser la situation, ils décideront de la nécessité d’une intervention humaine et vous donneront des instructions adaptées. Appelez-nous au 06 08 98 42 36. Si vous tombez sur la messagerie, laissez un message qui détaille précisément la situation, les soigneurs vous recontacteront dès que possible.

Volée de Piafs, est le seul centre de soins breton habilité à accueillir toutes les espèces sauvages européennes, et est ouvert 7j/7 de 9h à 17h. D’autres centres (Station LPO de l’Île Grande, Boules épiques, Océanopolis) ont leur propre domaine d’intervention.

Pour toute demande concernant un animal sauvage en détresse, ne passez pas par nos réseaux sociaux, n’envoyez pas de mails. Il en va de la survie de l’animal.

Les gestes de contention

Chaque espèce ayant ses spécificités, les techniques précises pour la capture diffèrent. Quoi qu’il en soit, pensez à vous protéger (gants, lunettes) tout en sécurisant l’animal.

  1. Munissez-vous d’un linge (serviette, pull, tee-shirt, etc.) pour envelopper l’animal et cacher sa tête.
  2. Mettez-le dans un carton percé de trous (ou une caisse de transport), de taille adéquate, et tapissé de tissu.
  3. Ajoutez une bouteille d’eau chaude entourée d’un tissu (bouillotte).
  4. Fermez le carton et placez-le dans une pièce calme.
  5. Laissez l’animal tranquille. Ne lui donner rien (ni eau, ni nourriture, ni médicament) sans avis préalable d’un spécialiste.

Si vous êtes un promeneur habituel des bords de mer, des sentiers ou des forêt, mettez dans votre besace une taie d’oreiller. Elle ne prend pas de place et pour un petit animal, la contention est toute faite. On le met dedans, on ferme, il respire.

Précautions liées à certaines espèces :

  • Les rapaces : méfiez-vous, leurs serres sont puissantes (autour des palombes, buses, etc…) ou fines (épervier). 
  • Les oiseaux d’eau : méfiez-vous de leur bec imposant qu’ils utiliseront pour se défendre. 
  • Les oiseaux marins : certaines espèces possèdent un bec dépourvu de narines extérieures (cormoran, fou de Bassan) donc ne fermez/liez jamais leur bec.
  • Les mammifères : méfiez-vous de leurs griffes et de leur mâchoire.
  • Les chauves-souris : porteuses de maladies, elles ne doivent jamais être manipulées à mains nues.
  • Les mammifères marins : leur peau et leur gueule sont pleines de bactéries, ne les approchez pas (en savoir plus).
  • Les reptiles : porteurs de salmonelles, ils ne doivent jamais être manipulés à mains nues.

Si vous avez un doute, si vous ne vous sentez pas capable d’attraper l’animal, surtout ne vous mettez pas en danger !

Le confinement

Tout animal en détresse doit impérativement être mis au calme et au chaud, comme nous lorsque nous sommes souffrants.

  • Au calme, cela signifie de ne plus le regarder après l’avoir mis en carton ou en caisse (sauf en cas d’extrême nécessité).
  • Au chaud, cela signifie avec bouillotte ou bouteille d’eau chaude bloquée et enveloppée de tissu (la température interne d’un oiseau avoisine les 40°C).

Attention : dans le cas d’une chauve-souris, la chaleur ne doit pas excéder la température ambiante.
Chaque espèce a ses spécificités, aussi il est primordial d’appeler un centre de sauvegarde de la faune sauvage pour être conseillé.

IMPORTANT : NE PAS FORCER UN ANIMAL A BOIRE NI A MANGER

Le transport

Sachez que la capture, la détention et le transport d’animaux sauvages est interdit par le Code de l’Environnement et passible de sanctions. Nous rappelons donc la nécessité de contacter un centre de soins AVANT d’intervenir auprès d’un animal sauvage en détresse. Ce sont les seules structures à posséder une dérogation à ces interdictions.

Prenez soin de bien caler le carton (ou la caisse de transport) dans votre véhicule afin d’éviter qu’il ne bouge voire tombe durant le trajet. Assurez-vous que le système de réchauffage (bouillotte, bouteille, etc…) ne puisse pas bouger ni risquer de blesser l’animal.

Ne passez pas votre temps à ouvrir et fermer pour vous assurer qu’il est encore en vie, ne lui parlez pas, ne le caressez pas. Cela ne ferait qu’augmenter son stress et diminuer par la même occasion ses chances de guérison.

Agir au quotidien

Quelques conseils pour la vie de tous les jours afin d’éviter de mettre en danger la faune sauvage :

  • Couvrir les réserves d’eau et les bassins ou y installer un flotteur, un cordage ou une rampe
  • Coller des leurres sur les baies vitrées
  • Accrocher une clochette sur le collier des chats
  • Limiter la vitesse sur les routes de campagne
  • Grillager le haut des conduits de cheminées pour éviter d’y piéger des oiseaux
  • Proscrire les produits chimiques comme les raticides, les tue-limaces non bio et les insecticides dans le jardin
  • Trouer les clôtures au ras du sol pour laisser circuler la petite faune
  • Ne pas élaguer ni couper les arbres au printemps et en été
  • Ne pas tondre ni débroussailler le terrain sans s’assurer de l’absence d’animaux
  • Ne pas retirer les nids sous les toits et les fenêtres au printemps ou en été.
  • Ne jamais donner de lait de vache ni de pain à un animal sauvage, ces aliments ne faisant pas partie de leur régime alimentaire, ils occasionnent diarrhées et occlusions intestinales.

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