Portrait d’animal publié dans notre bulletin de saison printemps 2015.

Faucon crécerelle

Un oiseau que l’on croise souvent

Sur la route, vous partez en week-end, ou peut-être en vacances. En tant que passager, vous avez tout le loisir de contempler le paysage en rêvassant. Vous l’avez donc forcément aperçu, ce petit rapace solitaire. Il est souvent posé sur les arbres, les pylônes ou les fils électriques : le faucon crécerelle vous regarde passer tout en guettant son déjeuner. Il est rare de le voir posé au sol, excepté quand il capture une proie.
Vous vous prenez à rêver que, comme lui vous parcourez la campagne d’un vol puissant et rapide. Le faucon crécerelle bat des ailes rapidement, en intercalant des planés, des virages et des descentes subites. Le mot faucon est un dérivé du mot latin falx qui signifie « faux », par allusion à la forme des ailes en forme de lame de faux, qui fendent l’air. Il lui arrive également de pratiquer le vol en « Saint-Esprit » : il s’immobilise alors sur place, comme suspendu à un fil, battant rapidement des ailes et la queue déployée en éventail, pour mieux repérer ses proies et ajuster plus efficacement ses piqués.
Dans la peau de cet animal de la même taille qu’un pigeon (entre 30 et 40 cm), vous pourrez vous envoler au-dessus de tout type de paysage, puisqu’il est présent du bord de la mer jusqu’en montagne. Régions cultivées ou peu boisées, landes, peu lui importe pour peu qu’il trouve sa nourriture et un lieu propice à la nidification. Par contre, ne programmez pas de long voyage à travers les continents : le faucon crécerelle est sédentaire.

un régulateur plutôt qu’un constructeur

Bébé faucon crécerelleIl ne construit pas de nid, il niche sur une paroi rocheuse, un vieux nid de corvidé ou dans les ruines d’un édifice. La femelle y déposera de 2 à 6 œufs brun-roux avec un fond clair. Après 28 jours, vous aurez la joie de découvrir des petites boules couvertes de duvet blanc, fin et court, qui laissera peu à peu la place à son plumage d’adulte : du crème au tabac, avec des raies et des taches sombres.

La France concentre la population la plus importante du continent, cependant, le statut de conservation du Faucon crécerelle est jugé défavorable en Europe, à cause du déclin modéré de beaucoup de populations. L’uniformisation des habitats et des milieux, ainsi que la lutte chimique contre les « ravageurs » des cultures et des jardins, sont défavorables à cette espèce qui ne trouvera plus de source de nourriture suffisante. Le faucon crécerelle se nourrit ordinairement de rongeurs, campagnols en particulier, mais aussi de gros insectes, sauterelles, coléoptères ou parfois de vers… Alors, pas la peine de se compliquer la vie avec des pièges ou des produits chimiques qui causeront plus de mal que de bien : laissons faire les pro de la régulation.
Tout ce qui sera fait pour éviter la dégradation des milieux les plus susceptibles de lui fournir les ressources alimentaires dont il a besoin lui sera bénéfique : préservation de zones de cultures extensives, de friches et de jachères non traitées, maintien de prairies permanentes et de milieux bocagers, par exemple.

 

La route est également une menace potentielle, alors demandez au chauffeur de lever le pied. Après tout, il est tellement plus agréable de prendre son temps pour observer la campagne et ses habitants à plume et à poils !

Portrait d’animal: le Faucon crécerelle
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